📲 Toc Toc toc … ouvrez, c’est le progrès !

Nous partageons avec vous cet article de la revue « L’ Age de faire » que vous connaissez peut-ĂŞtre.

Sera-t-on bientôt obligés d’avoir un smartphone en fonctionnement pour recevoir des ami·es dans son propre appartement ?

2021, 77 % de la population française de plus de 15 ans possédait déjà un ordiphone*. Ce taux d’équipement est en progression constante, et tout est fait pour faire craquer celles et ceux qui résistent encore et toujours à l’envahisseur connecté : acheter un billet de train, accéder à une administration, lire la carte d’un restaurant qui ne propose plus qu’un QR code à ses client·es… Les embûches du quotidien se multiplient pour les non-smartphonisés.
Voici un autre exemple de contrainte délirante, découverte en rendant visite à mon vieux pote Béber, installé à Paris. Locataire d’un petit appartement situé dans le 12e arrondissement, il a vu un jour débarquer un technicien chargé de remplacer l’interphone de l’immeuble. « On est tous locataires, c’est la régie (Gecina, bailleur au patrimoine évalué à 20 milliar ds d’euros, Ndlr) qui s’occupe de ce genre de choses. Ils ne te demandent pas ton avis », m’explique-t-il. Une fois tout le matos bien installé, le type lui en révèle le fonctionnement : lorsque les gens sonneront à l’interphone, la sonnerie ne retentira plus sur son vieux combiné accroché à côté de la porte, mais directement sur son smartphone ! Heureusement, pour le bon fonctionnement du truc, le Béber en question en est équipé.

OUVRIR UNE PORTE PARISIENNE DEPUIS LA ROUMANIE

Au départ, on peut penser que tout ça a quand même un côté pratique : si tu n’es pas chez toi, tu peux savoir que quelqu’un sonne à ta porte, et tu peux même lui ouvrir à distance, en cliquant sur ton écran tactile. « Sauf que si je ne suis pas chez moi, a priori je n’ouvre pas la porte, remarque le judicieux Béber. Et même si j ’ouvrais la porte du hall de l’immeuble, la personne se retrouverait devant ma porte d’entrée, fermée à clé… Non, vraiment, c’est complètement con. »
À l’usage, cette « innovation » s’est révélée encore plus débile que prévue. « L’interphone a été réglé sur le smartphone de ma copine. Mais elle est partie en Roumanie, où elle a dû rester plusieurs mois. Pendant tout ce temps, chaque fois que quelqu’un sonnait en bas de chez moi, ça sonnait en Roumanie ! Et c’est ma copine qui devait ouvrir la porte depuis là-bas ! »
Depuis, le camarade Béber a au moins réussi à faire changer ça : c’est son smartphone à lui qui sonne en priorité. « Ça implique d’avoir son smartphone allumé en permanence, même quand on est tranquille chez soi. Si je l’éteins ou que je n’ai plus de batterie, le visiteur peut toujours sonner au pied de l’immeuble, j’en saurai rien. »

De retour dans mes pénates, je me suis pris à admirer ma brave porte en bois, sur laquelle on peut faire toc toc toc. Une technologie économe en énergie, qui fonctionne à merveille et ne tombe jamais en panne.

Nicolas BĂ©rard (https://lagedefaire-lejournal.fr/toc-toc-toc-ouvrez-cest-le-progres/)

3 rĂ©flexions sur “📲 Toc Toc toc … ouvrez, c’est le progrès !”

  1. Oui pas sobre en Ă©nergie toute cette technologie. Mais chut, faut surtout pas en parler… Le plus dĂ©sagrĂ©able pour l’organisation de la sociĂ©tĂ© et de l’accès aux biens communs c’est que les administration des services publics nous contraignent Ă  l’utilisation de ces technologies. La rĂ©flexion sur l’autorĂ©gulation est de plus en plus compliquĂ©e.
    Une lettre numĂ©rique par mois de Sur un air de terre ça reste correct me semble -t-il. Mais attention Ă  ne pas se laisser happer par ce qui n’est pas forcĂ©ment une bonne action pour la consommation d’Ă©nergie.

  2. Très pratiques pour nous surveiller, les smartphones : nos appels, recherches sur Google, consultations de sites, achats, dĂ©placements avec la gĂ©olocalisation par GPS, et mĂŞme horaires et qualitĂ© du sommeil ou nombres de pas avec les bonnes appli’… tout est bien enregistrĂ©. Dès l’enfance Ă  prĂ©sent, les industriels sont au plus près de nous Ă  chaque instant et nous connaissent mieux que nous-mĂŞmes. Après ĂŞtre entrĂ© dans nos salons avec la tĂ©lĂ©, pour le capitalisme c’est dans la poche pour nous faire les poches.

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